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Écouter avant d’innover : comment éliminer les obstacles à la planification familiale pour les jeunes femmes burkinabées

Poser les bonnes questions, écouter les communautés et aborder le problème sous un angle différent avant d’élaborer une intervention est une approche transformatrice de la santé publique.

Le projet (re)solve de Pathfinder International se fonde précisément sur cette approche afin d’élaborer des interventions visant à éliminer les besoins non satisfaits en contraception chez les femmes et les adolescentes vivant dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Le projet (re)solve cherche à comprendre les obstacles empêchant les jeunes filles et les femmes à utiliser des contraceptifs alors qu’elles souhaitent y avoir accès et éviter des grossesses non désirées. Ce projet nous permet de mieux comprendre les facteurs influant sur leurs décisions en matière de planification familiale.

Afin que davantage de jeunes filles et de femmes puissent verbaliser leur intention, agir et utiliser des contraceptifs pour atteindre leurs objectifs, notre équipe de partenaires et d’experts pluridisciplinaires crée des solutions innovantes et transformatrices.

Ce projet de quatre ans vise à élaborer des initiatives évolutives et adaptables en s’inspirant des leçons spécifiques aux contextes concernés apprises auprès des populations du Bangladesh, du Burkina Faso et de l’Éthiopie. Ces solutions montreront à la communauté internationale de la planification familiale comment nous pouvons, de manière plus efficace et plus rapide, aider les femmes à prendre des décisions éclairées en matière de santé reproductive et à mettre des actions en place.

Nous sommes ravis de pouvoir partager notre expérience et les résultats obtenus dans le cadre du projet (re)solve au Burkina Faso lors de la table ronde sur les jeunes et la santé, organisée le 26 février de 16 h 15 à 17 h 15 au cours du Sommet Francophone pour le Changement Social et de Comportement, qui se tiendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Identification des besoins spécifiques

Au Burkina Faso, nous avons commencé par analyser la segmentation de la population. Ainsi, nous avons identifié six sous-groupes de jeunes filles aux besoins, attitudes et volontés de changer de comportement variés. Nous avons repéré trois segments de jeunes filles non mariées, dont deux (les jeunes sceptiques et les preneuses de risques ambitieuses) présentent des caractéristiques uniques dont nous avons tenu compte dans l’élaboration de nos solutions.

Les jeunes sceptiques tendent à être en couple, à ne pas avoir confiance dans le système de santé, à avoir beaucoup de préjugés au sujet des prestataires de soins et à éviter de se rendre dans les établissements de santé. Les preneuses de risques ambitieuses tendent à être en couple, à être sexuellement actives, à privilégier l’utilisation de préservatifs par rapport aux autres méthodes et à avoir plus de capacité d’agir. Par ailleurs, elles tendent à estimer que leurs parents jouent un rôle dans leurs décisions de santé. Ces deux groupes cherchent à s’informer sur les effets indésirables et ont peur que la contraception puisse rendre stérile.

Compréhension de l’environnement et des intentions personnelles

Notre analyse de la segmentation a élargi nos perspectives en nous permettant d’étudier toute une population et de la diviser en sous-groupes aux désirs et besoins spécifiques. En parallèle, notre diagnostic comportemental nous a permis d’approfondir ses résultats. Nous avons utilisé des méthodes et des outils fondés sur la science comportementale (plus particulièrement l’économie et la psychologie comportementale) afin de savoir quelles informations et quels conseils les jeunes tirent de leur environnement mais aussi les aident à formuler leurs intentions ou à agir. Par exemple, elles veulent éviter de tomber enceintes, utiliser un contraceptif avant de se rendre dans un établissement de santé (pour diverses raisons) ou avoir recours à une méthode de contraception une fois qu’elles sont dans un centre de soins. Ces données nous ont permis d’identifier les obstacles et les caractéristiques contextuelles dont l’influence peut être diminuée grâce à nos solutions.

 Les jeunes filles peuvent faire preuve de trop d’optimiste et ne pas prendre en compte les éventuelles conséquences dont elles sont susceptibles de souffrir.

 Les jeunes filles non mariées pensent que leur compagnon sera plus susceptible de les épouser si elles tombent enceintes.

 Les jeunes filles surestiment leur capacité à utiliser une contraception naturelle pour éviter une grossesse.

 La peur de la stérilité empêche de nombreuses jeunes d’envisager d’utiliser des contraceptifs.

 Les jeunes filles ont particulièrement peur qu’un implant contraceptif disparaisse dans leur corps.

 Les jeunes filles trouvent les établissements de santé trop publics. Selon elles, leurs connaissances supposeront qu’elles sont sexuellement actives si elles les voient se rendre dans un centre de soins.

Solutions adaptées

Nous nous sommes fondés sur les données collectées et les résultats obtenus pour créer un jeu, un passeport de santé et des affiches destinées aux jeunes filles et aux prestataires de soins de santé à poser dans les centres de soins. Ces solutions sont actuellement testées afin d’éliminer les obstacles et de résoudre les problèmes de segmentation identifiés.

Grâce au projet (re)solve, nous avons mis nos préjugés de côté et posé notre « casquette d’expert » pour écouter les désirs et les peurs des jeunes filles non mariées du Burkina Faso, comprendre leurs comportements amoureux et leur vision de l’adolescence mais aussi savoir comment elles prennent leurs décisions en matière de santé et de bien-être. Ainsi, nos solutions transformatrices aident à personnaliser les programmes de planification familiale en fonction des besoins, des motivations et des expériences des jeunes filles et des femmes dont nous nous occupons.


Le projet (re)solve est mené par Pathfinder International en partenariat avec Camber Collective, ideas42 et l’International Center for Research on Women. Il bénéficie d’un financement de la fondation Bill & Melinda Gates.

Reshma Trasi est la directrice du projet (re)solve.

 Zakari Congo est le responsable du suivi et de l’évaluation pour Pathfinder au Burkina Faso.

Photos: Sarah Lance