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In Kourfey, Niger, a problem was weighing heavily on Moussa Tahirou. As a teacher, he noticed that many of the young girls enrolled in primary school would suddenly disappear from the education system. The reason was almost always the same: early marriage.
“I realized that girls’ education was seriously threatened in my community, and that this was jeopardizing not only their future, but also that of the entire community,” said Moussa.
In the department of Filingué, where Kourfey is located, child marriage has not yet been eradicated. According to Mohamed Jimraou Sani, Departmental Director of Women’s Empowerment and Child Protection in Filingué: “Early marriage does exist here in Kourfey, but the majority of cases are not reported. We are only informed when serious problems arise: health complications, school dropouts, or rejection of the marriage by the girl herself.”
One former student had a particularly profound impact on Moussa: Aminata, a bright girl with dreams of one day working in health care. At 14, she was taken out of school and forcibly married to a 55-year-old man.
Shortly afterwards, Aminata became pregnant. When she suffered a serious complication, she was not taken to a health center. As a result, she lost her baby and developed an obstetric fistula, a condition that will have lifelong consequences for her health.
Moussa could not stay silent any longer.
In 2021, he mobilized young people around him and formed the Association of Young People for Sustainable Development in Kourfey (AJEDDUK) to drive community action in favor of health, education, and sustainable development. In 2024, through Moussa’s commitment, AJEDDUK was selected to join Pathfinder’s J-Matassa project. The project seeks to reduce early marriage, unwanted pregnancies, and maternal mortality; provide opportunities for personal and professional development; and strengthen women and young people’s financial autonomy so they can choose their own paths forward.


“It was a great opportunity for me to change things, transform mindsets, and give hope back to hundreds of young girls,” said Moussa.
J-Matassa, led by Pathfinder in consortium with Marie Stopes International and the Association of Young Girls for Reproductive Health, organized quarterly awareness-raising caravans and community dialogues. Between January and September 2025, these activities reached 51,718 people in 340 villages across seven health districts, building community awareness about issues related to reproductive health and the overall wellbeing of local communities.
Through J-Matassa, Moussa received training in advocacy, project management, gender-based violence response, organizational capacity strengthening, and technical support. “The support of the J-Matassa project helped me be better structure my activities, document them, and above all, achieve concrete objectives in the field,” said Moussa.
“Young men are also at the heart of the strategy,” he added. “Young men are often the ones to marry underage girls. When they are informed [about the issue], they, themselves, can become change agents and influence their families.”
Today, in the Filingué region, Moussa has many more allies in the fight against early marriage. Through relationships built through J-Matassa, he has support from religious and traditional leaders as well as technical divisions of local government. Despite initial resistance linked to tradition and cultural norms, the community dialogue approach is bearing fruit.
According to Moussa: “The changes are palpable: parents are publicly testifying that they have abandoned early marriage, some girls have been able to stay in school thanks to awareness-raising efforts, the community is expressing collective pride in actions taken, and even older people are asking to join or support the association.”
Additionally, with support from J-Matassa and in alignment with a recent presidential decree, the departmental directorate and local organizations have set up Village Child Protection Committees (CVPE). J-Matassa established a total of 85 CVPEs, with 12 members per committee. These CVPE play a critical role: early identification of child marriage, ongoing local awareness-raising, family mediation, and acting as a link between communities and government services.
“These committees are made up of influential people: village chiefs, religious leaders, health workers, school principals, young people, and women’s groups. These are actors to whom the communities will listen,” said Moussa.
Despite substantial progress, obstacles persist: insufficient legal enforcement, lack of birth certificates for many girls, and the falsification of documents to circumvent the legal age. Still, with commitment from community leaders like Moussa and young people across Filingué, we know that change is possible—and it is happening now.
“When the community thanks me, I feel useful. I know that my commitment has had a real impact,” said Moussa.
De la prise de conscience à l’action : le combat d’un enseignant pour maintenir les filles à l’école
À Kourfey, au Niger, un problème pesait lourdement sur Moussa Tahirou. En tant qu’enseignant, il avait remarqué que de nombreuses jeunes filles inscrites à l’école primaire disparaissaient soudainement du système éducatif. La raison était presque toujours la même : le mariage précoce.
« J’ai réalisé que l’éducation des filles était sérieusement menacée dans ma communauté et que cela compromettait non seulement leur avenir, mais aussi celui de toute la communauté », explique Moussa.
Dans le département de Filingué, où se trouve Kourfey, le mariage des enfants n’a pas encore été éradiqué. Selon Mohamed Jimraou Sani, directeur départemental de l’autonomisation des femmes et de la protection de l’enfance à Filingué : « Les mariages précoces existent ici à Kourfey, mais la majorité des cas ne sont pas signalés. Nous ne sommes informés que lorsque des problèmes graves surviennent : complications de santé, abandon scolaire ou rejet du mariage par la jeune fille elle-même. »
Une ancienne élève a profondément marqué Moussa : Aminata, une jeune fille brillante qui rêvait de travailler un jour dans le domaine de la santé. À 14 ans, elle a été retirée de l’école et mariée de force à un homme de 55 ans.
Peu après, Aminata est tombée enceinte. Lorsqu’elle a souffert d’une complication grave, elle n’a pas été emmenée dans un centre de santé. Elle a donc perdu son bébé et développé une fistule obstétricale, une affection qui aura des répercussions sur sa santé pour le reste de sa vie.
Moussa ne pouvait plus rester silencieux.
En 2021, il a mobilisé les jeunes de son entourage et a créé l’Association des jeunes pour le développement durable à Kourfey (AJEDDUK) afin de mener des actions communautaires en faveur de la santé, de l’éducation et du développement durable. En 2024, grâce à l’engagement de Moussa, l’AJEDDUK a été sélectionnée pour participer au projet J-Matassa de Pathfinder. Ce projet vise à réduire les mariages précoces, les grossesses non désirées et la mortalité maternelle, à offrir des opportunités de développement personnel et professionnel, et à renforcer l’autonomie financière des femmes et des jeunes afin de leur permettre de choisir leur propre voie.


« C’était une formidable opportunité pour moi de changer les choses, de transformer les mentalités et de redonner espoir à des centaines de jeunes filles », a déclaré Moussa.
J-Matassa, mené par Pathfinder International en consortium avec Marie Stopes International au Niger et l’Association des jeunes filles pour la santé reproductive, a organisé des caravanes de sensibilisation et des dialogues communautaires trimestriels. Entre janvier et septembre 2025, ces activités ont touché 51 718 personnes dans 340 villages répartis dans sept districts sanitaires, renforçant ainsi la sensibilisation aux sujets liés à la santé reproductive et au bien-être des communautés locales.
Grâce à J-Matassa, Moussa a reçu une formation en matière de plaidoyer, de gestion de projet, la prise en charge des cas de violence basées sur le genre , de renforcement des capacités organisationnelles et de soutien technique. « Le soutien du projet J-Matassa m’a permis de mieux structurer mes actions, de les documenter et, surtout, d’atteindre des objectifs concrets sur le terrain », a déclaré Moussa.
« Les jeunes sont également au cœur de la stratégie », a-t-il ajouté. « Ce sont souvent les jeunes qui épousent des filles mineures. Lorsqu’ils sont informés [du problème], ils peuvent eux-mêmes devenir des acteurs de la prévention et influencer leurs familles. »
Aujourd’hui, dans la région de Filingué, Moussa bénéficie de nombreux alliés dans la lutte contre les mariages précoces. Grâce aux relations qu’il a nouées avec J-Matassa, il bénéficie du soutien des chefs religieux et traditionnels ainsi que des services techniques gouvernementaux. Malgré une résistance initiale liée aux traditions et aux normes culturelles, l’approche fondée sur le dialogue communautaire porte ses fruits.
Selon Moussa : « Les changements sont palpables : les parents témoignent publiquement qu’ils ont abandonné le mariage précoce, certaines filles ont pu rester à l’école grâce aux efforts de sensibilisation, la communauté exprime sa fierté collective face aux mesures prises, et même les personnes âgées demandent à rejoindre ou à soutenir l’association. »
De plus, avec le soutien de J-Matassa et conformément à un récent décret présidentiel, la direction départementale et les organisations locales ont mis en place des comités villageois de protection de l’enfance (CVPE). J-Matassa a crée un total de 85 CVPE, composés chacun de 12 membres. Ces CVPE jouent un rôle essentiel : identification précoce des cas de mariage d’enfants, sensibilisation locale continue, médiation familiale et liaison entre les communautés et les services gouvernementaux.
« Ces comités sont composés de personnes influentes : chefs de village, chefs religieux, agents de santé, directeurs d’école, jeunes et groupes de femmes. Ce sont des acteurs auxquels les communautés prêtent attention », explique Moussa.
Malgré des progrès substantiels, plusieurs obstacles persistent : l’application insuffisante du cadre juridique, l’absence d’actes de naissance pour de nombreuses filles et la falsification de documents pour contourner l’âge légal. Néanmoins, grâce à l’engagement de leaders communautaires comme Moussa et des jeunes de Filingué, nous savons que le changement est possible et qu’il est en train de se produire.
« Lorsque la communauté me remercie, je me sens utile. Je sais que mon engagement a eu un impact réel. »